L'âne et le bœuf au théâtre de la Nativité
Par CEAPT Symbole copyright, vendredi 14 décembre 2007 à 18:17 - Symboles - #155 - rss
Dans l’imagerie chrétienne, il y a deux scènes fondamentales : celle de la Nativité qui correspond au solstice d’hiver et celle de la Passion, qui répond à l’équinoxe de printemps. Et dans la Nativité, il est deux acteurs dont la présence est aussi constante que celle de Jésus et de Marie : ce sont l’âne et le bœuf, bêtes de l’hiver plongées dans l’attente du nouveau soleil et préservant de leur chaleur affectueuse cette flamme dérisoire que représente un petit enfant dont la tâche est de restituer la création à sa gloire primitive.

"Telle est sans doute la signification ultime de cette crèche dont l’âne et le bœuf sont les acteurs capitaux : le Christ est l’enfant magique né des noces de la vie sauvage que symbolise l’âne, la bête du chaos, de l’informe, de l’instinct, du désir de l’être, et de la vie civilisée que symbolise le bœuf, l’animal sans lequel les hommes ne parviendraient point à changer le monde et à inventer à la terre un avenir sans cesse renouvelé."
Hommes ou bêtes, on est entre pauvres. C’est cette image de la vie quotidienne à son niveau le plus humble que le Moyen Âge va imposer à la Nativité, cette étable où l’Enfant-Roi vient chercher refuge, elle pourrait être celle d’un grand nombre de ces gens des temps gothiques dont l’existence est constamment à la limite de la précarité, ces gens obstinés malgré tout à survivre et qui reconnaissent dans l’âne et le bœuf cette endurance sans limites sans laquelle ils sombreraient hâtivement. Car si le cheval est fragile, difficile à nourrir, objet incessant de soins, l’âne se nourrit d’herbes épineuses, supporte sans frémir des fardeaux épouvantables et s’offre spontanément à la cruauté des humains. Quant au bœuf, il témoigne d’une indifférence presque complète en faces des servitudes qui l’accablent et semble pétri de la même pâte que la terre sur laquelle inlassablement passent les orages, les soleils brûlants et les gelées des mauvaises saisons.
Et si le Moyen Âge a tant d’attachement pour cette humble mise en scène de la Nativité, c’est qu’il l’associe au caractère miraculeux de la naissance divine. Si Dieu a choisi de se manifester en un lieu aussi pitoyable, alors chaque paysan pauvre, chaque famille démunie peut songer qu’à un moment ou à un autre, Dieu choisira sa maison pour s’y manifester à nouveau sous la forme qui lui plaira. Dans un temps où l’attente du miracle est le visage le plus ordinaire d’espérance, cette figure du Christ enfant entre les deux animaux de la ferme indique que l’attente du miracle n’est pas vaine.
Et dans cette étable hivernale, les deux bêtes ont une fonction précise. Elles doivent réchauffer de leur souffle le petit (c’est pourquoi on le présente presque toujours tout nu), elles doivent l’aider à trouver son propre souffle. Leur immobilité naturelle les rend particulièrement aptes à cette tâche : au repos l’âne comme le bœuf sont bêtes paisibles, point agitées comme le sont le cheval et la chèvre. Mais en même temps ils sont naturellement curieux et leurs gros yeux restent fixés sur ce petit homme remuant et sans doute quelque peu geignant au commencement, qu’on a couché dans l’auge.
Cette étable où l’Enfant-Roi vient chercher refuge
Et ces deux bêtes ont aussi en commun un autre bien, aussi modeste que tout ce qui entoure la Nativité. Elles sont par excellence des bêtes liées à la paille, cette paille qui est comme un rappel incessant du grain qu’on a jadis battu, engrangé et qui, au printemps peut-être fera cruellement défaut. Paille qui est aussi le lit des hommes comme elle est le lit des bêtes : matière douce aux humains, malgré les apparences parce qu’elle est sèche et lumineuse et porte en elle quelque chose de musical. Paille qui souvent sert à la confection des toits, paille que l’on répand sur la route du village aux jours de fête. À travers la paille c’est le blé et l’orge que l’on célèbre.
À cette imagerie médiévale qui me semble être née tout spontanément dans l’âme populaire et dont la peinture ou la sculpture nous ont donné des représentations plus ou moins idéalisées, on s’est efforcé de trouver des racines plongeant lointainement dans la tradition religieuse. Les interprétations sont multiples et entraînent vers des rivages heureux tant les symboles nous offrent de richesse. Pour le bœuf, le paysage est assez simple : il est le témoin à la fois du travail paisible et du sacrifice. Il est le médiateur naturel entre l’homme et la terre nourricière mais il est aussi celui dont le sang est agréable à la divinité.
Cette double figure du laboureur obstiné et de la bête immolée prend des formes diverses dans les civilisations. Saint Yves de Chartres le compare au Christ parce que «le Christ par la charrue de sa croix a dompté la terre de notre chair». Il apparaît ainsi comme le miroir du travail que l’âme doit accomplir sur elle-même : cette âme est par nature sauvage et il nous faut la transformer, comme le bœuf, en traçant le sillon, prépare les moissons à venir. Et les docteurs du Moyen Âge louent à maintes reprises deux autres vertus du bœuf : sa continence et la force de sa voix, celui qui possède une voix forte étant aussi celui qui peut proclamer bien haut la parole de vérité. Ainsi Albert le Grand pouvait-il dire sans choquer personne de son disciple saint Thomas d’Aquin : «Laissez faire ce bœuf, son mugissement retentira sur toute la terre.»
Mais il est impossible de dissocier ce bœuf laborieux réchauffant le nouveau-né de son souffle maladroit des autres figures de la famille bovine, je veux parler du veau (transparaissant dans la Bible avec le veau d’or), du taureau dont le rôle est si fondamentale dans les rites antiques de la Méditerranée et qui occupe un si vaste espace dans le culte de Mithra, et enfin de la vache. Car ce n’est pas seulement en Orient, égyptien ou hindou, que la vache s’inscrit dans la cosmogonie divine. En Occident aussi, on trouve les traces d’un culte de la vache qui aurait été familier, sans doute à l’époque de la souveraineté celtique ou préceltique, aux populations des vallées alpines. Les travaux entrepris récemment dans les montagnes suisses ou autrichiennes indiquent la survivance d’anciennes pratiques, proches de celles que l’on trouve aujourd’hui encore dans les contrées himalayennes, centrées autour de la Vache sacrée.

"Et si Christ repose entre l’âne et le bœuf, c’est parce qu’il incarne cette fusion nécessaire, en nous et hors de nous, du diurne et du nocturne, du monde céleste et du monde souterrain."
La vache, comme le taureau, est une conductrice de l’âme
Si je pense ici à la vache d’Occident ou d’Orient, c’est précisément à cause de l’importance accordée dans la scène de la crèche, au souffle du bœuf. Or dans son magnifique Bestiaire du Christ, Louis Charbonneau-Lassay nous rappelle un élément rarement évoqué de cette respiration bovine : «la vache symbolise les deux points extrêmes de la vie humaine, le début de la vie par son lait (qui représente tous les laits maternels), la fin de la vie parce que quand l’homme prononce l’onomatopée qui imite le mugissement de la vache : meuh ! il avance les lèvres dans un mouvement qui est celui de l’expulsion du souffle, image de la mort, laquelle intervient à l’échappement du dernier souffle.» Le meuh !… phase ultime de la respiration de la vache (ou du bœuf) représenterait donc une sorte de mantra, un son originel qui marque l’accord de la créature avec l’ordre du monde.
On peut aussi rappeler qu’en Égypte la vache, comme le taureau, est une conductrice de l’âme : on l’utilisait pour conduire les momies au tombeau avant de l’immoler et c’est sur une vache que Râ-Soleil entreprenait l’ascension du ciel. Si l’on garde en mémoire ces rites des anciennes religions de l’Orient, on comprend que le bœuf de la Nativité, dont le souffle est le miroir du souffle fragile de Jésus, est aussi le bœuf de la crucifixion, celui dont le sang contribuera au rachat de l’humanité. C’est un thème que l’on rencontre dans l’iconographie médiévale où le bœuf est représenté couché au pied de la croix, image qu’il faut opposer à celle du cerf qui, lui, porte la croix entre ses bois parce qu’il est Christ lui-même.
Ainsi pour une part du moins, il me semble que la présence du bœuf dans la crèche s’inscrit dans la permanence d’un culte de la vache particulièrement marqué dans les communautés de nos montagnes mais qui fut aussi très vivace dans toutes les populations d’éleveurs de l’Europe occidentale. On en trouverait témoignage dans le légendaire irlandais et, en notre pays, les bœufs qui couronnent la cathédrale de Laon ne représentent pas seulement un hommage rendu aux animaux dont le labeur avait grandement contribué à l’édification du sanctuaire, il marque aussi l’identification de la bête et du roi du monde.
Pour l’âne, les chemins sont plus compliqués car cet animal étrange porte en lui toutes les contradictions de l’âme humaine : d’une part il est cette bête humiliée sur laquelle Francis Jammes écrivit un si beau poème : «J’aime l’âne si doux, marchant au long des houx.» Mais il est aussi identifié souvent à Satan, à toutes les figures du noir. Il est le signe du désordre. Il y a d’abord sa prétendue lubricité qui est un des éléments essentiels de la dramaturgie développée par Apulée dans L’Âne d’or. Dans l’histoire de la bestialité, il réapparaît avec constance autant dans l’Antiquité que dans le Moyen Âge finissant et au XVIe siècle, surtout au moment où la sexualité, à travers les procès de sorcellerie, cristallise sans aucune nuance les diverses formes du mal.
Il y a ensuite (ce qui n’est qu’un prolongement du caractère précédent) l’assimilation de l’âne à l’ignorance et à la sottise, ce dont naîtra le bonnet d’âne et d’autres absurdités qui peupleront le modèle éducatif jusqu’à une époque récente.
Il y a enfin un certain goût pour l’ordure qui rangera l’âne au coté du cochon (autre animal calomnié) dans les demeures de la saleté. Et ce désordre se retrouve au niveau de ce qu’on pourrait nommer la parole de l’âne : le braiement est une cacophonie, la face inversée de la musique qui est tout entière de nature céleste.
Ainsi la présence conjuguée du bœuf et de l’âne dans la mise en scène de la Nativité, représenterait la prise en charge par le Christ des forces destructrices et négatives dont l’âne est porteur et des forces positives et fondatrices dont le bœuf est l’emblème. C’est en regardant le mal dans sa nudité bestiale que Jésus dès son premier regard en exorcisera le pouvoir. La rédemption commence là , elle s’accomplira définitivement au jour des Rameaux, avant l’épisode final de la dramaturgie, lorsque le Christ, monté sur une ânesse que suit son ânon, contemple une dernière fois dans la joie le spectacle d’une terre qu’il va quitter. C’est dans cette promenade de gloire, où l’âne, désormais tout paré d’une blancheur céleste, marche sur un chemin jonché de fleurs et de branches vives, que Christ trouvera cette paix, ce ravissement dont il aura besoin pour traverser l’ultime étape de son séjour terrestre.

"Bien loin de retrouver l’harmonie originelle, l’humanité n’a fait que multiplier la violence et le déchirement. C’est vers cette harmonie perdue que le peuple des campagnes soupire."
Une obsession du paradis
Toutes ces lectures de l’âne et du bœuf se mêlent au long de l’histoire de la nativité et toutes ont leur place dans l’interprétation que l’on peut donner du drame de Noël. C’est un spectacle que chacun regarde et vit avec ses propres yeux et l’on serait tenté de dire : «à chacun son bœuf, à chacun son âne», dans la mesure bien entendu où l’on n’est pas submergé par les images toutes faites que la communauté charrie.
Mais il me semble qu’au fond de toutes ces interprétations et constituant le paysage fondamental dans lequel toute la scène va se dérouler, s’impose une autre image : celle du paradis. Dans l’arrière-plan de tous les horizons religieux, se dessine avec plus ou moins de netteté l’obsession de cet éden égaré qu’au terme de notre voyage ici-bas nous rejoindrons peut-être si nous avons su entendre la parole que le ciel nous adresse. Qu’il s’agisse du séjour des bienheureux, de l’île où jouissent les âmes promises à l’éternité, des terres où s’assemblent les parfaits dans la compagnie des anges, toujours s’impose le visage d’un territoire où, délivré de toute la lourdeur qui est notre lot ici-bas, l’être enfin accède au domaine de la jouissance infinie.
Cette obsession du paradis, elle d’autant plus vivace dans notre Moyen Âge que prend force, à travers maints écrits, le ricanement tragique de Satan régnant sur les délires infernaux.
Mais quel est-il ce paradis aux yeux des petites gens qui s’en vont sur les chemins de Saint-Jacques, qui se hâtent dans les chantiers ou qui plus simplement gardent les vaches en leurs champs ? Essentiellement la restitution du monde d’avant la chute. La légende raconte qu’au septième jour de la création, Adam fut placé dans un jardin où il se promenait avec Dieu, où il comprenait la parole des oiseaux, le langage des fleurs et le chant des pierres.
À quel moment le désordre s’introduisit-il dans ce beau parc où la création jouissait d’elle-même, infiniment, dans cette plénitude dont nos cœurs ont parfois le soupçon à travers les visages mouvants de l’amour ? Les versions de cette catastrophe varient d’un continent à l’autre. Ce qu’elles racontent toutes, c’est la séparation qui s’est introduite alors entre les espèces ; les langages sont devenus incompréhensibles les uns aux autres. Les hommes ont tenté de se consoler en s’acharnant à asservir la terre et ce qu’elle portait. Bien loin de retrouver l’harmonie originelle, l’humanité n’a fait que multiplier la violence et le déchirement.
C’est vers cette harmonie perdue que le peuple des campagnes soupire. Et l’âne et le bœuf, à travers le miracle de la Nativité, vont devenir les symboles de ce retour à l’éden, car ils représentent les figures extrêmes de l’animalité : l’âne, même domestique, reste pour l’essentiel du côté de la sauvagerie. Sa sexualité délirante est l’image de la profusion de la vie ; comme Shiva, comme Dionysos, dans les anciennes religions de l’Orient et de la Méditerranée, il sème à tout vent. Son entêtement légendaire est le signe de sa liberté : il n’en fait qu’à sa tête (d’âne). D’ailleurs le fameux bonnet d’âne, dans les écoles de la Renaissance, n’indiquait pas l’élève stupide et paresseux ; il était réservé aux «marginaux», à ceux qui, loin des règles de l’école, cherchaient ailleurs les chemins du savoir.
Le bœuf au contraire est la figure extrême de la civilisation. Écarté définitivement de toute relation amoureuse, il est offert en sacrifice au travail humain. Il est celui qu’on a éloigné à jamais du territoire instinctif, chargé de violence et de pulsions contradictoires, que représente le désir amoureux.
C’est dans cette jonction de la sauvagerie, toujours présente dans les contrées obscures de notre être, et de la civilisation à laquelle nous sommes condamnés car nous sommes dans l’histoire et le changement, que le Moyen Âge chrétien recherche le reflet de l’éden primitif. L’Enfant Jésus, entre les deux bêtes, apparaît comme l’intercesseur privilégié qui va unir, ainsi que le dit l’Évangile, le commencement et la fin, le passé dont nous sommes nés lointainement et le futur dont l’appel sans cesse nous change.
On pourrait s’interroger sur les éléments proprement distinctifs de l’une et de l’autre bête. Pour l’âne, l’insistance est mise sur les oreilles et l’on sait l’importance que le Moyen Âge a accordé à toute notre organisation auditive : les oreilles sont ce qui nous relie au souffle divin, au Verbe qui a fondé le monde ; elles sont aussi l’expression de notre rapport avec la musique qui est la parole de l’âme. Pour le bœuf l’insistance est mise sur les cornes, essentiellement je crois parce que les cornes sont, à l’intérieur du monde animal, la mémoire de l’univers végétal et de l’univers minéral. C’est par elle que la bête participe des trois règnes du vivant.

"L’Enfant Jésus apparaît comme l’intercesseur privilégié qui va unir, ainsi que le dit l’Évangile, le commencement et la fin, le passé dont nous sommes nés lointainement et le futur dont l’appel sans cesse nous change."
Noces de la vie sauvage et de la vie civilisée
Cette image du paradis comme univers de la réconciliation, un peintre n’a cessé de la mettre en scène : c’est Breughel le Vieux, le créateur de La Chute d’Icare ou de La Tour de Babel. Et Breughel n’est pas un peintre de cour, il n’est pas au service des princes et ce qui le nourrit, dans son trajet créateur, c’est le peuple des campagnes, ce peuple qui raconte ses rêves et ses angoisses dans Les Proverbes flamands. Et le paysage qu’il nous dévoile, c’est une terre où il n’y a nulle séparation entre les hommes, les bêtes et les éléments. La création n’est pas cet ensemble de voix étrangères les unes aux autres qui rendent incommunicables les multiples règnes du vivant. C’est la parole même du monde où le langage des animaux, celui des arbres et celui des humains viennent s’insérer dans le langage des anges et celui des dieux pour constituer cette vaste symphonie où, comme dans un orchestre d’aujourd’hui, chacun joue de l’instrument pour lequel la nature l’a façonné.
Et telle est sans doute la signification ultime de cette crèche dont l’âne et le bœuf sont les acteurs capitaux : le Christ est l’enfant magique né des noces de la vie sauvage que symbolise l’âne, la bête du chaos, de l’informe, de l’instinct, du désir de l’être, et de la vie civilisée que symbolise le bœuf, l’animal sans lequel les hommes ne parviendraient point à changer le monde et à inventer à la terre un avenir sans cesse renouvelé. Noces de l’ombre et de la lumière qui ne sont que le reflet des propres noces qui s’accomplissent en chacun de nous. Car nous sommes faits de noir et de blanc, nous appartenons à la fois au jour et à la nuit. Et si Christ repose entre l’âne et le bœuf, c’est parce qu’il incarne cette fusion nécessaire, en nous et hors de nous, du diurne et du nocturne, du monde céleste et du monde souterrain. On ne s’étonnera donc point que dans l’iconographie chrétienne, la Vierge, celle qui est la Mère éternelle, soit figurée tantôt du côté de l’âne, tantôt du côté du bœuf et l’étoile brille en même temps entre les oreilles de l’âne et les cornes du bœuf.
C.M.
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Homme de radio fécond (il anima pendant près de vingt ans les ondes de France Culture ses émissions Les Chemins de la Connaissance, La matinée des Autres et L’Autre Scène ou les Vivants et les Dieux), auteur inspiré d’une dizaine d’ouvrages historiques, poétiques et symboliques, Claude Mettra (1922-2005) est presque à l’image du siècle qu’il a traversé : le symbole incarné du grand passage de la terre à la ville et du déracinement qui inévitablement l’accompagne, cette Mélancolie qui est la moderne malédiction du citadin coupé du transcendant. Voir le portrait que SymbOle que lui a consacré dans la Lettre de juillet-août 2007.

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