«Art poétique, flot, charroi d'images, sons.
Un pouvoir absolu a cloué l’homme à terre
L’ange de pourpre songe à la caverne où sont
Les lanceurs de filets dont coule la galère.»
Henry Montaigu.

«Je reste roi de mes douleurs.»
Aragon.



«Je suis poète, je ne suis même que cela», affirme un autre Henry, de Montherlant celui-là. L’assertion convient autant à Henry Montaigu (1). Certes, Le Cavalier bleu relève de la féerie chevaleresque, du mystère médiéval, de l’opéra baroque, du roman onirique, de la méditation historique, de la chronique fabuleuse, du récit autobiographique, du journal intime et de bien d’autres genres ou domaines enchantés, mais il est tout autant, et peut-être essentiellement, un art poétique.
Comme dans le conte fameux, l’écrivain dispose dans son roman un certain nombre d'indices théoriques qui forment in fine un véritable manifeste esthétique dont nous nous proposons ici de faire un commentaire partiel.

Roman, Épopée... Aventure ?

«Ce livre est un voyage et une architecture. C’est-à-dire un roman.» (p. 36.) (2).
Traditionnellement, la critique littéraire reconnaît une seule règle au roman, celle de n’en pas avoir. Henry Montaigu a donc conçu une œuvre à la fois savante et populaire, libérée de toute inféodation à une seule «stratégie narrative». Le “voyage” du Cavalier bleu, Jean Amadieu Phébus d’Auberhodes, s’apparente à la quête d’un chevalier errant, topos du roman médiéval, et à l'itinéraire mystique d’une âme que, formellement, ni saint Jean de la Croix, ni sainte Thérèse d'Avila n’auraient désavoué, autant qu’il nous soit permis de formuler pareil jugement (nous savons combien la grande mystique carme, en particulier, était férue de roman de chevalerie). Cathédrale magique, roman d’éducation autant que d’initiation, il obéit à un ordre. Loin de rendre témoignage à l’absurde, Henry Montaigu s’attache à dévoiler un sens, fût-il caché («Vere, tu es Deus absconditus» biblique) ou non encore totalement révélé, comme dans une prophétie. Il fait œuvre de romancier, certes, mais également de “rhétoricien”, au sens que Jean-Yves Tadié donne à ce nom et qui sera explicité plus loin.
«C'est pourquoi nous avons tenté de faire circuler le sens léger des littératures épiques dans cette masse trop lourde de sens.» (p.42.)

Un préjugé voltairien veut que le Français n’ait pas la tête épique — comme s’il fallait effacer de nos mémoires La Chanson de Roland ou le Cycle du Graal, pourtant l’un et l’autre fondateurs, ou ignorer que l’ensemble de l’œuvre d’Henry Montaigu, en l’occurrence, fut parfaitement emblématique de l’esprit français. Le Cavalier bleu présente de claires caractéristiques épiques, à commencer par son titre. Monsieur d’Auberhodes est confronté à une série d'épreuves réelles et symboliques nimbées de merveilleux païen et chrétien. Dans sa définition de l’epos, Henri Bénac considère que ce merveilleux «suspend la raison et permet la croyance au miracle.» Par ses exploits chevaleresques — d’un point de vue “extérieur” — le cavalier montre sa bravoure au service de la cause royale et mystique. Comme dans l’épopée classique — influence antique (Iliade, Odyssée, Énéide) et italienne (Roland furieux, Jérusalem délivrée) — songes, prophéties, visions surnaturelles rythment l’action d'un héros divinement et historiquement prédestiné, doté de forces exceptionnelles. Le drame prend dès lors une dimension cosmique.

Le tour de force d’Henry Montaigu consiste, dans un monde fragmenté, à avoir mêlé épopée et roman, c’est-à-dire à avoir écrit une œuvre qui prend acte de l’éclatement (dispersion centrifuge) tout en pariant pour la persistance d’une totalité ordonnée. Tel est le point de départ narratif et métaphysique qui fonde la complexité du livre. (À la différence, par exemple, du Voyage au bout de la nuit qui peut être lu comme une contre-épopée, avec ce que cela suppose de réminiscences épiques parodiées signifiant la fin de l'épopée dans le monde moderne).



«Chroniqueur de l'Autre Rive au cycle aventureux...» (p.35.)

L’aventure ouvre significativement Le Cavalier bleu : «(...) rencontre prodigieuse qui veillera au seuil de ma propre aventure…» (3). Pour que la grâce, qui est la liberté de l’Amour divin, puisse faire son oeuvre, la condition s’impose d’un avenir ouvert (ad-venturus). Dans L'Aventure, l’ennui, le sérieux, Jankélévitch associe également l’aventure à une forme d’incertitude : «Je sais que et je ne sais pas quoi.» (4) Le chevalier d’Auberhodes est à sa façon un mousquetaire du roi — il affirme de plus hautement sa qualité de “gascon” (5). Le lecteur de ses pérégrinations intérieures et extérieures éprouve bien ce «charme de la lecture tendue» que J-Y Tadié attribue au roman d’aventures, «essence de la fiction» (6).
S’agissant du rapport avec l’Histoire, le roman d’Henry Montaigu est encore exemplaire du genre tel que le définit le critique : «Le rapport du roman d’aventures avec l’Histoire est confus : il lui faut une différence, qu'apporte le temps passé, comme les voyages» (7).
D’où le jeu des analepses et des prolepses qui approfondit et démultiplie les registres temporels favorisant d’ailleurs ainsi le dépassement du roman d’aventures en roman “mystagogique”. Henri IV et Louis XIII, en même temps qu’ils incarnent la France, portent le mystère royal et divin depuis l’onction de Reims jusqu’à la fin des temps — et non moins le mystère du moi (Henry Montaigu œuvrait tout autant pour la restauration de la royauté intérieure).
Si nous continuons à suivre la nomenclature établie par Jean-Yves Tadié, les liens du Cavalier bleu avec le “roman d'aventures médiéval” se confirment : «Dans le roman médiéval, l’aventure reçoit un sens nouveau. Dans un monde de prodiges, d'épées qui jaillissent d'un lac au bout d'un bras, de barques funèbres, de forêts enchantées, le héros est soumis à l’épreuve et ne peut en triompher que s’il a la grâce. Le roman d’aventures est alors également roman religieux et roman d'amour. (...) Dans la technique du récit, ces romanciers sont des rhétoriciens : d'où un souci de composition plus grand, des balancements, des montages parallèles. Et ils ont une philosophie (tout au moins dans le cycle arthurien) qui organise le système des aventures. Hasard ou destin? (...) Héritier du roman grec comme de légendes celtiques et des contes orientaux (8), le roman de chevalerie a donc donné au genre du roman d’aventures une forme et un sens nouveaux. Les événements obligés, enlèvements, combats singuliers, batailles, songes, apparitions, morts sont aussi des ruses du destin, et chaque fois que, dans les siècles à venir, le roman d'aventures se donnera une philosophie, ou fera appel au destin, il évoquera l’ombre de Lancelot, de Galaad, de Tristan.» (9)
Henry Montaigu lui-même, comme dirait Aragon, abat son jeu : «Le passage de la prison des songes à la prison des mots est un douloureux transfert au cours duquel il est probable que se soient égarés quelques fragments de l’Aventure. (...) Là où j’en suis maître, il m’importe de faciliter la tâche du lecteur en me conformant aux lois du genre — la lignée qui va de Chrétien de Troyes à Michel Zévaco — et qui est ici repris à sa source...» (10)
Le roman dit populaire ou d’aventure recèle évidemment des trésors pour qui sait le lire ; Montaigu pulvérise les plus ou moins fallacieuses catégories universitaires et extrait la vérité poétique où qu’elle se donne : «(De Gaulle) écrivait l'histoire présente dans les marges d’Alexandre Dumas, de Féval et de quelques autres.» (11)
Féval écrit Le Bossu ; Michel Zévaco Le Capitan et le cycle des Pardaillan ; loin de reléguer ces œuvres dans les registres mal famés de la para-littérature, Henry Montaigu les voit rayonner d’un même esprit chevaleresque — n’évoque-t-il pas «l’âme légère et généreuse de la chevalerie» (12) ? — dans un monde livré à la tiédeur des bourgeois, à la «lente immersion dans la médiocrité» (13), l’ «impavide médiocrité» (14). Ceux qui ne comprennent pas que l’on puisse mêler de Gaulle à Alexandre Dumas ou Paul Féval n’ont qu’à reprendre leur Histoire de France, s’ils la retrouvent. Il est à craindre que, pour eux, la littérature demeurera toujours lettre morte. Dans Le Nouveau Crève-Cœur, Aragon chante l’«Histoire de France en images» ; à n'en pas douter, Henry Montaigu, grave, chante avec lui.

Transition, par Jean-Yves Tadié : «Le roman d'aventures littéraire commence au style. (...) Musique plus silencieuse que la vraie (...), il faut, pour la percevoir, cette oreille qui caractérise (...) les véritables amoureux de la littérature — de la poésie. Il n’y a pas d’amour du style sans amour de son sommet, la poésie.» (15)


"Henri IV et Louis XIII, en même temps qu’ils incarnent la France, portent le mystère royal et divin depuis l’onction de Reims jusqu’à la fin des temps — et non moins le mystère du moi." (Le Vœu de Louis XIII qui se traduit par la consécration du Royaume de France à la Vierge, le 10 février 1638 - Dessin de Sébastien Mauxion).


Poésie (16)

«Nulle mieux que l’œuvre de Henry Montaigu ne sut témoigner de la prophétique précellence de la poésie.» Manifeste de La Place Royale.

«Ce n'est certes pas à la poésie de se conformer à la politique mais à la politique de recevoir un éclat de la poésie.» Manifeste de La Place Royale.
L'auteur du Cavalier bleu est possédé du poème. «Il faut laisser la poésie atteindre le But avec ses propres armes.»(p.13.)
Dès le commencement de l’oratorio (17), le ton est donné : l’être de la poésie est autonome ; la mission du poète consiste à ménager les conditions de l’avènement poétique ; ensuite, comme pour le Royaume, tout est donné par surcroît. Téléologique, le poème ne saurait se réduire à un divertissement d'esthète : comme Picasso, il ne cherche pas, il trouve — en instrument de savoir, de connaissance, de gnose ; dès l’immédiateté soudaine de son jaillissement, il est ordonné à la vérité (18). Aragon : «La poésie est l'être qui entraîne le savoir au-delà de l'avoir.»

«(...) le droit du poète est d'inventer, c’est-à-dire de retrouver ce qui est enfoui, dilapidé ou perdu...» (p.19.)
L’étymon, considéré comme le noyau dur du verbe, concentre toute l’énergie par définition nucléaire de la vérité (19. Jusqu'à un certain point le poète, selon Henry Montaigu, cousine avec le mage romantique — le médium, le sourcier. Toutefois, il est moins parent de Victor Hugo que de Hölderlin lu par Heidegger : le poète sonde les temps, capte la parole originelle, quête le chant premier. Réaliste, il sait que le monde existe indépendamment de sa pensée ; alors, humblement, il s'attache, comme le peintre, à gratter la toile qui voilait le tableau.
Raison n'est pas oraison : avec les moyens supra-rationnels qui sont les siens — «(...) la raison nous prive d’aller plus loin, de percevoir au cœur du Mystère, ce qui ne se dit pas, ne peut se dire.» (20 — le poète fait entendre la vox cordis, qui est le silence de la prière ; il reconstitue l'héritage, récapitule les épiphanies du sacré et du divin (21). Son œuvre est de restitution.

«La poésie libère de la nuit profane qui nous entoure des signes et des symboles, des nombres et des noms.» (p.36.)
Littéralement, le poème provoque la manifestation du sacré — par opposition au “profane” — et de la lumière — par opposition à la “nuit”. Il permet l’ “éclaircie” heideggérienne — Heidegger qui au retour de son premier voyage en Grèce écrit à un ami : «Cette mer, ces montagnes, ces îles, ce ciel — qu’ici et ici seulement l’A-lêtheia ait dû et ait pu se lever et les dieux séjourner à l’abri de sa lumière, qu’ici l’être ait régné comme présence et ait fondé l’habitation de l’homme, cela est pour moi aujourd’hui plus digne d'étonnement et plus inconcevable que jamais.»
Le Dieu de Montaigu n’est certes pas l’Etre non plus que les dieux — lesquels ignorent sans doute la Bible — «Mais vous réglez toutes choses avec mesure, avec nombre et avec poids» (traduction de Lemaître de Sacy, Sg 11-21) —mais Henry Montaigu peut chanter avec Baudelaire :

«La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles (...)
Les Parfums, les couleurs et les sons se répondent.»

C’est d’ailleurs dans un passage consacré à la Création — dialogue entre M. d’Auberhodes et le pape Urbain VIII — qu’Henry Montaigu souligne la valeur évidemment traditionnelle du symbole : «(Galilée) ne comprend pas qu’oune (sic) erreur symboliquement justifiée est préférable à oune (sic) vérité relative et d'ailleurs temporaire et apparente. (...) Vous vous apercevrez trop tard que les symboles ont plus de puissance et de réalité que les pauvres découvertes concernant l’architecture de ce monde fragile...» (22)


"Dans le roman médiéval, l’aventure reçoit un sens nouveau. Dans un monde de prodiges, d'épées qui jaillissent d'un lac au bout d'un bras, de barques funèbres, de forêts enchantées, le héros est soumis à l’épreuve et ne peut en triompher que s’il a la grâce".


Plus fondamentalement encore et pour suivre le cheminement même indiqué par l’écrivain, le poète est celui qui, en libérant les “noms”, nomme le monde et le fait donc exister : «Le nerf de la poésie, c'est l’acte de nomination, explique George Steiner, (...) elle nomme et, en nommant, rend réel et durable. Le motif sous-jacent, familier à la pensée piétiste, est celui d’Adam nommant chaque chose vivante dans le jardin d’Eden. Quand Hölderlin nomme le Rhin, il ne l’imite ni ne le représente : il le “parle” dans une nomination qui lui donne précisément cette vérité et cette présence déployée et durable (...). Il ne saurait y avoir de différence pertinente, dit Heidegger, entre “le poème” et “ce qui est le poème” (c'est-à-dire entre la rivière et l’hymne de Hölderlin).» (23)
«La poésie est (...) acte de présence, ébranlement profond, intellectualité suprême. C’est l’intraduisible qui est le bien commun le plus universel, et c’est le langage supérieur qui est le plus accessible.» (p.86.)
À la suite de Novalis et à rebours du lieu commun, Henry Montaigu peut affirmer : «La poésie est le Réel absolu.» Point de nidification intempestive dans la Cité des Nuées d’Aristophane mais un enracinement dans la puissance offerte de l’ “être-là” qui est action (poïen, faire...) et contemplation. La parole poïétique est créatrice par ellipse et concentration ; le verbe du «barde» (p.329.) est “démiurgique” ; la poésie demeure toute présence, «bel aujourd'hui» mallarméen ou «jour» évangélique. Seule, elle garantit l’authenticité de la langue et du séjour. Henry Montaigu a d’évidence habité poétiquement l’Aquitaine et le Royaume de France.

Le divin poème : étapes d’une déification

«Ainsi demeure-t-elle (la neige) à l’état d’image interne, de cette poésie qui nous porte (c’est nous qui soulignons) et ne se montre pas, mais qui peut-être est seule légitime (24). (...) la poésie seule est admise à l'éternité (25)...» (pp.92, 202.) Divinité de la poésie, donc : indicibilité, invisibilité, éternité, légitimité, ce dernier attribut couronnant la royauté du poème. «(...) la poésie, (...) un instrument qui vise toujours un essentiel hélas trop éloigné.» (p.240.)

Poésie est ontologie ; poésie est théologie, nous le savons depuis Boccace et Maurras. «(...) la poésie, comme certitude et pérennité, centre des choses...» (p.225.)
Après le décentrement des mondes — ce que Nietzsche appelle l’ «émiettement», Blanchot le «désastre» — après les amarres larguées et l’errance qui s'en suit, le roc biblique d'où jaillit la source, le côté du Christ d’où l'eau sourd vivifient la foi (la confiance) dans les dogmes intemporels, c’est-à-dire dans la Parole donnée et même livrée. Stat Crux dum volvitur orbis.

Petit florilège à propos des fondations —au sens immobilier, cela va de soi :

Pascal : «Nous entrerons debout sous les porches de Hiérusalem, la Sainte Sion où tout est stable et rien ne tombe. Les fleuves de Babylone seront taris». (Pensées)

Nietzsche : «Comment avons-nous réussi à effacer cet horizon auquel se rapportait jusqu’ici toutes les mesures? (...) Que sera désormais notre architecture ? Nos maisons tiendront-elles encore debout dans l’avenir ?» (Le Gai savoir)

Bataille: «Si ma pensée n'était pas, comme il m’a semblé, un trou qui se creuse, quelle sorte de maison construirait-elle ? Je ne peux pas me dérober, voici le plan de la maison». (Suit une page blanche.) (Somme athéologique)

Henry Montaigu : «J’ai construit ma maison sur le roc et non sur le sable comme fait l’insensé. Le roman est une architecture».

Conclusion : quand le bâtiment va, tout va. Même si la terre, devenue excentrique, a perdu la boule, l’Etre réside donc en sa demeure : le saint langage. Toute poésie est sainte écriture.



Une œuvre totale

En littérature, seule importe la grâce et Dieu sait qu’Henry Montaigu l’avait : on est écrivain ou pas, comme on est sauvé ou non. Le Cavalier bleu intègre toutes les formes d’écriture tant il est vrai que «la littérature dévore, englobe tout, Lao-Tseu et le Psalmiste, Thérèse d’Avila et Céline, Napoléon lui-même et Eugène Labiche, Michel Zévaco probablement, et Le Roman de la Rose, et Guénon — Ah! quoi qu’on fasse — et M. le Duc de Saint-Simon, et l’ange Heurtebise, et Omar Khayyam, et Georges Bernanos...» (26) Et Henry Montaigu, donc. Au temps de l’«éloignement des fables» (27) et du prosaïsme nihiliste, l’auteur du Cavalier bleu ose placer son roman sous la protection tutélaire des fées : «Ceci est un carré magique. Cette figure, conçue par des fées architectes il y a de cela bien plus longtemps que le déluge...» (28)
Nous connaissons d’autres fées, les mêmes aussi, “Les Fées de France”, dont un autre écrivain, Alphonse Daudet, prit la peine de veiller l’agonie : «C’est grand dommage, car la France était bien belle quand elle avait encore ses fées. Nous étions la poésie du pays, sa foi, sa candeur, sa jeunesse.»
Rideau sur le crépuscule des vieux libre-penseurs prosaïques (les «crétins des idées modernes», pour Nietzsche). Le temps d’une chevauchée, Henry Montaigu a ressuscité les fées. Puissent-elles réenchanter le doux royaume des Lys !

R.S.



* Rémi Soulié est écrivain et critique. Il a publié : Les châteaux de glace de Dominique de Roux, Les Provinciales, 1999 ; Le vrai-mentir d’Aragon, Éditions du Bon Albert, 2001 ; Les chimères de Jean Boudou, Fil d’Ariane, 2001 ; Le Curé d’Ars, Pygmalion, 2003 ; Le vieux Rouergue : Terre d’Aveyron. Il vient de publier : Péguy de combat (préface de Michaël Bar-Zvi), Les Provinciales, Le Cerf, 2007 (110 p., 12 €).

(1) «(…) la perspective poétique qui est profondément la mienne…» Henry Montaigu, La Place Royale, N° 15-16, décembre 1986-janvier 1987, p. 27 – (2) Sauf mention contraire la pagination renvoie à Henry Montaigu, Le Cavalier Bleu, éd. Denoël, 1982 - (3) Le Cavalier bleu, op.cit., p.13. On retrouve l’"aventure” tout au long du livre, pp. 225, 299, 327 etc. – (4) Cité par Jean-Yves Tadié in Le Roman d’aventures, Editions des Presses Universitaires de France, 1982, coll. Quadrige, 1996, p.6. – (5) Le Cavalier bleu, op.cit., p.124. – (6) Le Roman d’aventures, op.cit., p.5. – (7) Ibid, p.9. Rappelons que pour Henry Montaigu, «Ce livre est un voyage...» - (8) M. d’Auberhodes ne se rend-il pas en Chine ? (N.d.l’A.) – (9) Le Roman d'aventures, op.cit., pp.20, 21. – (10) Le Cavalier bleu, op.cit., p.101. – (11) Ibid., p.281. – (12) Ibid., p.22. – (13) Ibid., p.70. – (14) Ibid., p.86. – (15) Le Roman d'aventures, op. cit., pp.24,25. - (16) Sur le lien entre la poésie et l'épopée, cf. Pierre Boutang, Commentaire sur quarante-neuf dizains de la Délie, Editions Gallimard, 1953, pp.15, 17. – (17) Voir aussi, d’Henry Montaigu, "Opéra doré, où le Poète est mis en scène", in La Place Royale, n°37, octobre 1996. – (18) «La haine de la poésie n'est au fond que la haine de la vérité.» Le Cavalier bleu, op.cit., p.70. – (19) «La féerie miroitante, entre l’étymologie et la signification ultime, tel est notre bien le plus précieux, notre seul bien et notre seule arme». Manifeste de La Place Royale. – (20) Le Cavalier bleu, op.cit., p. 13. – (21) «Tout poème est une échelle de Jacob, un chemin des anges.» Ibid., p.87. – (22) Le Cavalier bleu, op.cit., p.273. – (23) George Steiner, Martin Heidegger, The Viking-Press-New York, 1978, Éditions Albin Michel, 1981; Éditions Flammarion, coll. Champs, 1987, p.186. – (24) cf. également page 225 : «(...) une lumière dont la seule expression légitime (c’est nous qui soulignons) est la poésie...» - (25) cf. également. Id. Ibid. : «(...) la poésie (...) toujours hors du temps.» - (26) Le Cavalier bleu, op.cit., p.256. – (27) Ibid., p.266. – (28) Ibid., p.10.