Considéré comme l’un des meilleurs écrivains des années 70, Christian Charrière en est aussi l’un des plus originaux, tant son œuvre témoigne d’un parcours hors du commun. Après un premier roman policier couronné par le prix du Quai des Orfèvres et adapté au cinéma, ses œuvres prennent la forme de récits fantastiques d’une rare puissance symbolique. Puis, au grand dam de ses admirateurs, le «prodigieux narrateur à la verve et l’allégresse joyeuse» délaisse quelque peu la fiction pour se livrer à un décryptage systématique des rêves et des signes. S’opère alors une spectaculaire métamorphose : l’humble chroniqueur du «divin dessous des choses» laisse place, au tournant des années 90, à la maturité spirituelle d’un maître d’âme capable de croiser le fer avec l’hydre tapie au fond du sombre inconscient, cette force adverse qui, toujours, nous empêche d’atteindre notre vérité.

Nourris par les voyages en Extrême-Orient, les premiers romans de Christian Charrière nous emportent dans des mondes lointains ; des bords de lagons d’émeraude aux cœurs de forêts fabuleuses et des caves obscures jusqu’aux cimes lumineuses du Mont Paraclet. Récits symboliques, il y est toujours question des aspirations essentielles de l’homme confronté à l’implacable réalité matérielle. Tout nous ramène à notre profondeur, nos questionnements, nos valeurs aussi… C’est dire l’importance initiatique de ces romans qui puisent à la source de l’universelle tradition et au travers desquels se reflètent aussi, en filigrane, l’histoire de l’auteur, la personnalité et le devenir d’un homme en relation avec les plans supérieurs.

Je est un autre

En effet, l’écriture ne relève nullement d’un imaginaire fantasque soumis à l’esprit du temps mais de l’autre au-dedans, ce génie intérieur dont l’auteur ressent confusément la présence lorsqu’il narre les aventures de Tristan, le jeune héros virtuose des Vergers du Ciel :

«Tout au fond de moi, à l’extrémité de mes plus secrets appartements, j’entendais s’esclaffer le compagnon ténébreux.» (Les Vergers du Ciel)

Jouer sur le clavier symbolique de l’imagination active révèle un autre visage, une face cachée derrière la personnalité de surface. Mais cet autre au sourire «a-mère», image de l’enfance saccagée par l’absence d’amour maternel, n’est qu’une marche du grand escalier qui mène à la vérité de soi-même. Et il faudra triompher de son refus de vivre, percer les lourds secrets du passé, puis gravir un à un les degrés de l’être, pour atteindre la note limpide au sommet du deuxième concerto de «Saint Sens».

«Sombre est la vie mais lumineuse aussi puisque ce qui nous courbe vers la terre nous consacre et nous redresse.» (Les Vergers du Ciel)

Aussi convient-il de travailler sur l’ombre, cette part obscure qui révèle toute la complexité humaine, avant de pouvoir se conjoindre au moi véritable, programme auquel l’écrivain souscrit pleinement quelques années après la publication de ce troisième roman qui manque de peu le prix Goncourt.
Un tel échec — ou une telle bénédiction, tant l’ego avide de reconnaissance est un péril pour la créativité — l’incline à poursuivre l’œuvre intérieure. C’est l’époque où, éveillé par Henry Corbin à la théosophie iranienne, il se lance dans l’écriture du Sîmorgh et à l’ascension du Paraclet, l’imposante montagne pourtant ostensiblement ignorée de la cohorte grise des «positivistes». Dès lors, il ne faut pas s’étonner, au terme de ce quatrième roman qui s’achève dans un éternel recommencement (à l’instar de Mayapura, autre roman soumis au temps intérieur et à ses retours cycliques), de découvrir la présence de l’auteur, non le scribe inspiré mais le vrai créateur du roman, «l’écrivain de bord». Ce dernier parle de son partenaire terrestre comme d’un homme au caractère étrange, renfermé, cuirassé, dont le cas n’est cependant pas désespéré puisqu’il s’est engagé dans cette recherche marquée par l’injonction intérieure : deviens ce que tu es ! L’identification avec le héros — Jérôme Devienne — est si prégnante qu’elle le conduira par la suite à user de ce pseudonyme dans son métier de journaliste.


Pierre Wat Constable. Scène d'orage sur la côte de Brighton. Vers 1828. "À chaque fois que le monstrueux est contenu puis immobilisé et enfin abattu, la Grande Mère, l’Ame du monde, s’enrichit et la création progresse…" (Les Maîtres secrets du désir).


Que Jérôme devienne !

Le Sîmorgh marque en effet un tournant dans l’œuvre du scribe inspiré. C’est au-dedans que réside le ciel, non au-dehors. Mayapura, l’île au lagon d’émeraude entrevue durant l’enfance et recherchée tout au long des voyages en Extrême-Orient, se trouve nulle part ailleurs que dans l’Orient intérieur, à la pointe de l’être et dans les univers spirituels. Cette terre appartient à l’outre-monde — c’est le pays d’Hurghale, transposition d’Hurqalya, le 8ème climat des mystiques iraniens — et pourtant, l’homme le recrée ici-bas, en proportion de son évolution personnelle. Pour ne pas égarer le lecteur de toutes ces considérations ésotériques, le narrateur use encore de ce bon sens rationnel qui caractérise l’homme moderne : les visions ne sont que des hallucinations, et il y a forcément une explication logique à tous ces craquements qui agitent la matière. Pourtant, l’imagination active ne ment pas, elle ravive le passé enfoui et révèle ce qui sera, les promesses mais aussi les écueils qui se profilent à l’horizon du destin. Tout est déjà inscrit dans ces premiers livres dont la portée va parfois bien au-delà du parcours individuel, preuve de la puissance visionnaire de l’imaginal, cet organe de connaissance que nous possédons tous mais que nous savons plus mettre en batterie, tant nos rêves sont embouteillés par le trafic des préoccupations mentales :

«Et le chemin qui mène à un ordre supérieur passe d’abord par le chaos inférieur» (Le Sîmorgh)

Heureusement, les romans sont là pour marteler les grandes vérités et dire, notamment, l’importance d’intégrer la part obscure de notre identité. Une fois dégagée des formes-pensées négatives qui la défigurent, l’ombre n’est plus le monstre abject mais l’oiseau fabuleux, la force qui porte, le formidable levier d’évolution, l’ingéniosité et l’intelligence de toute la nature évolutive qui ne demande qu’à servir. Ainsi le héros voit-il son griffon se métamorphoser en Sîmorgh sur les ailes duquel il s’élève pour atteindre les anneaux du Paraclet, images tirées des lointaines épopées chevaleresques. Mais la prise en charge de l’ombre n’aboutit que s’il se place dans la verticalité, dont l’arbre est le symbole vivant, et s’il sait éviter les deux périls qui menace sa progression : celui du mystique désincarné et celui du matérialiste avide de pouvoir. Tous deux commettent en effet la même erreur en méprisant la matière et en se tournant exclusivement vers la lumière, qu’elle soit supérieure ou rationnelle. L’un reste bloqué dans son ascension spirituelle par un rejet de la nature corporelle, jugée impure avec ses gargouillements obscènes, sa bestialité et ses besoins inférieurs. L’autre, pourtant plus proche de la matière puisqu’elle constitue son seul et unique horizon, ne cherche pas à l’élever mais à l’exploiter, à la dominer pour assouvir ses ambitions personnelles. Ces deux écueils, Christian-Jérôme les rencontrera sur son chemin. Accepter sa sexualité et sa féminité n’est pas condamnable si le cœur se mêle au corps et participe à la fête. C’est le second péril qui lui donnera davantage de fil à retordre et qui le ramènera constamment à sa matière première obscure, c'est-à-dire à tous les mensonges que le monde moderne tolère et même encourage pour tendre vers davantage de maîtrise. Mais à trop vouloir la soumettre, la matière incomprise se révolte, le réel se fissure, la nature reprend ses droits et le matérialiste devient matière ou plutôt matière première, laquelle n’est plus richesse mais dangerosité de l’ombre. Le processus, représenté symboliquement par la morsure du griffon sorti tout droit des entrailles de la terre, pétrifie les chairs et n’épargne personne. Seul l’éveil à la réalité intérieure permet de résister aux assauts du néant.


"Révélation", par E. Boulbar (Salon des Indépendants 2007).


L’importance du corps et de la nature

La pétrification du corps est un thème majeur qui apparaît dès l’Enclave, le premier roman d’aventure : l’homme est prisonnier de lui-même, rendu insensible par un mal intérieur, retenu par son passé. Toutefois, la pétrification la plus dangereuse n’est pas celle des «hommes de bois» — les automates articulés de Mayapura — mais celle des «hommes de pierre» — les statues rationnelles du Sîmorgh. L’insensibilité des premiers, née d’un traumatisme initial et maintenue par une peur de souffrir, n’est pas incurable puisque que la force vitale les irrigue encore. Certains parviennent à s’enraciner tandis que d’autres brûlent après avoir entrepris une recherche intérieure, processus au cours duquel le bois porté à incandescence par la conscience en éveil allume les cœurs et délivre les corps de leurs automatismes. La menace vient plutôt des seconds, de tous les “mentaliens” qui choisissent volontairement de tordre le cou à leur sensibilité pour mieux répondre à des objectifs de performance. Ceux-là ignorent à quel point ils sont investis et comme actionnés par la matière première, toujours cachée derrière de solides arguments rationnels. Leur dureté perturbe l’équilibre cosmique — ils veulent abattre l’arbre de celui qui possède encore un axe vertical, symbole intolérable de ce qu’ils ne peuvent plus ni comprendre ni atteindre. Mais peut-on défier ainsi la nature, vouloir la maîtriser, la nier et l’asservir sans risquer un furieux «retour de bâton» ?

C’est tout le thème du sixième roman, La Forêt d’Iscambe, où l’homme n’est rien comparé à la puissante Mère, aux termitières géantes, aux fleurs gigantesques. L’ordre de la nature est beaucoup plus grand, mieux organisé que celui produit par le mental humain aux prises avec ses propres contradictions. Et lorsque l’échec pointe, lorsque le déséquilibre s’installe, c’est vers la nature qu’il convient de se tourner, car elle est toujours l’initiatrice, la consolatrice et la guérisseuse. Elle fut pour Christian Charrière un substitut maternel, une louve protectrice sans laquelle la survie de son être sensible n’eût pas été possible. Omniprésente dans ses romans et son existence, elle constitue, avec l’amour pour la femme, la création artistique et les voyages transformés en voyage intérieur, la manifestation de l’Âme du monde, la voix murmurante capable de restituer au réel son attrait, ses couleurs, son «esper», essence subtile qui est la quête des hommes en voie de reconstruction.

«Pénétrer dans la forêt, c’était comme mourir au monde clair, aux espaces dénudés du mental et à la pensée limpide…c’était se connaître soi-même et accéder aux hautes terrasses de l’âme, immenses balustrades d’où l’on pouvait voir ce qui se cachait et s’accomplissait à notre insu, les lois mystérieuses de l’univers.» (La Forêt d’Iscambe)

Récemment réédité par Points Seuil, ce roman fantastique où les guerriers termites gravalent tendrement, trapettent, zunguent et même grabouillent de la façon la plus burlesque, séduit un large public, par son langage dévolu aux esprits de la nature. Se retrouvent tous les thèmes initiatiques chers à l’auteur : l’humain perçu comme un pur devenir, grâce à la présence de l’être mystérieux lové au-dedans ; l’ambivalence de la nature inférieure ; le nécessaire passage par celle-ci pour atteindre le centre de soi-même et enfin la résistance contre les rationalistes, responsables du noircissement de la psyché et de sa dangereuse mutation en matière première dangereuse.


Réédition 2007 dans la collection Points-Seuil de La forêt d’Iscambe, de Christian Charrière. «Un roman culte et inoubliable, écrit l’éditeur, où Ch Ch. A gagné ses galons de Tolkien français». 499 p., 7,80€


Le rouge et le noir

Les livres transforment. Ce que l’auteur annonce sous la plume de l’imagination active se réalise au cours des années 80 : l’homme intérieur correspond à l’homme extérieur, les intentions s’alignent sur les actes et le travail sur soi devient central. Ponctuée par deux confessions, Le Baptême de l’ombre et Le Maître d’âme, la recherche du sens prend la forme d’une attention quotidienne aux rêves, aux signes et aux événements du réel. Une simple cafetière, un morceau de Roquefort, l’étoffe rouge d’un manteau sont sources de méditation et expriment une réalité cachée. Toutes ces correspondances, qui rappellent combien le réel est empli de symboles sous l’apparente banalité des choses, servent de point de départ aux chroniques de télévision du Quotidien de Paris, consignées en partie dans deux recueils, L’Œil d’émeraude et Le Salut à l’âme du monde. L’expérience onirique donne lieu à des conférences d’interprétation des songes et à la fondation du Bureau des Rêves. Dès lors, la psychologie des profondeurs tient une place importante dans le travail intérieur, à l’instar de l’alchimie qui trouve un écho dans la proposition faite par un grand théâtre lyonnais de collaborer à la mise en scène d’Othello. Iago n’est autre que l’alchimiste, et le Maure n’est pas un homme de couleur mais la matière première obscure présente dans tout individu, qu’il s’agit de transmuter durant cette phase de putréfaction nommée «œuvre au noir». Au même moment naît Le Corbeau Rouge, roman consacré à la noirceur humaine, aux indignités et profanations nées du passé douloureux. Symbole alchimique de l’œuvre au noir et emblème d’Apollon qui apparaît au féminin dans le roman, le corbeau contient lui aussi un trésor et la promesse de réalisation que sous-tend l’œuvre au rouge, mais il est nécessaire de passer par l’ombre répugnante pour atteindre les hauteurs lumineuses.
Traverser l’ordure, vivre en toute conscience l’échec, la tristesse et les excès en tous genres, telle est la voie pour atteindre la blessure initiale ayant altéré la puissance du don, ce Christ d’en dessous les souffrances, cet amour déchu qui saigne et qu’il faut délivrer.
Il est même crucial de retrouver dans nos poubelles psychiques toutes les pensées refoulées, émotions ravalées et autres noirceurs qui, loin de mourir, se sont incrustées en nous jusqu’à former le corps ténébreux. Celui-ci n’apparaît plus alors sous la forme de l’automate ou de la statue pierreuse mais sous celle de la momie, fantôme pétrifié qui prend le pouvoir et défigure notre face d’éternité.

Ainsi, la forêt d’Iscambe laisse place à la forêt d’immondices du Mortendieu, et la prise en charge de l’ombre par laquelle le griffon de Jérôme a pu s’élever est maintenant complétée par un mouvement inverse, celui du rejet de toutes les formes-pensées négatives, de tous les corbeaux inutiles qui lestent la progression de l’âme humaine vers son monde de lumière :

«Il n’est de maladie de l’homme … qui ne soit l’extériorisation de la souffrance infligée à la femme, celle du dehors comme celle du dedans. Les corps s’abîment avec le refus d’aimer…. » (Le Corbeau rouge)

D’une envergure exceptionnelle, ce roman publié en 1987 mêle à la fois l’Égypte ancienne, l’alchimie, la peinture, l’initiation onirique, les mondes subtils et la liquidation imminente du communisme, ce prototype même de la pétrification de l’être à grande échelle. Délaissant la forme fantastique au profit d’un réalisme spirituel, l’œuvre ne touche pourtant qu’un public averti, déjà ouvert à la perspective ésotérique d’une outre-vie, ou durement malmené par le désastre, comme en témoignent les lettres reçues de lectrices incarcérées.



Le maître secret

Tout ce travail sur soi aboutit à une grande métamorphose, celle qui mène Christian Charrière à devenir un homme éveillé, capable d’entrer en contact direct avec la réalité intérieure des êtres. En juillet 1993, alors qu’il suit le Tour de France en tant que chroniqueur pour le Figaro, un rêve lui révèle sa conjonction avec le double à travers l’image d’un cheval blanc dont le sabot se pose sur sa gorge. Dès lors, un dialogue permanent s’instaure avec l’autre, dont l’écrivain ne tirera aucune gloire personnelle, sinon celle de pouvoir combattre avec encore plus d’efficacité la puissance adverse à l’intérieur de l’homme. Après deux livres consacrés aux enseignements secrets — lesquels rappellent la position des premiers gnostiques, ces prédicateurs maudits qui concevaient l’acte sexuel comme un rituel sacré permettant de se rapprocher de la source cosmique — naît un ouvrage sur les rêves, fruit d’une perception de chaman.
Le contenu volontairement provocateur de ces ouvrages, truffé d’outrances et de contradictions, agit comme un électrochoc : il s’agit de préparer le lecteur à recevoir des vérités qui ne sont pas destinées à l’intellect mais au corps, afin que se produisent en lui des réactions de transmutation propices au développement de facultés suprasensibles. Le Maître d’âme épouse ainsi la voie de l’ombre et de l’opprobre, afin de mieux traquer les mécanismes infernaux. «Ce n’est pas avec le bien que l’on combat le mal, mais avec le lien» : la descente dans les gouffres n’est possible qu’à l’aide de la lumière spirituelle du double au-dedans de soi, précaution essentielle si l’on ne veut pas être soi-même contaminé, happé par la force que l’on cherche à retourner.

«À chaque fois que le monstrueux est contenu puis immobilisé et enfin abattu, la Grande Mère, l’Ame du monde, s’enrichit et la création progresse… Le venin, l’horreur que le monstre dégageait, c’est avec cela que l’alchimiste tisse son habit de lumière» (Les Maîtres secrets du désir)

Ainsi l’auteur exhorte ses semblables à travailler sur leur fond noir tout en renouant avec leur verticalité, à défaut de laquelle il ne peut y avoir de vraie évolution. Il prône le retour des dieux et dénonce le pouvoir des titans modernes, autre image de ces mentaliens qui «confondent les sortilèges de la matière première avec leurs propres pensées» (ibid)

Puis la nécessité s’impose de poursuivre l’introspection et de revenir sur le passé afin de lui extirper ses derniers secrets. Car les automatismes sont toujours là, encore associés à la recherche névrotique et morbide de la mère. Apparaissant sous les traits de Virginie d’Ensquaraille, la riche héritière des Vergers du Ciel, ou encore de la fleur d’abîme dans la Forêt d’Iscambe, la pente dangereuse provient de l’ombre castratrice, cette anima noire, pesante et avide d’énergie que seule la plume de l’écriture restitue à la haute nature du Sîmorgh et au regard acéré du rapace. Surgit alors, au fil des pages, la vérité de ce passé que le premier roman policier avait déjà esquissée à mots couverts, concernant la réalité du père. Encore non publiée, l’œuvre autobiographique s’avère décisive, de nature à éradiquer les vieux automatismes. Pourtant «l’homme du 20ème siècle» — titre décerné en février 1962 au jeune étudiant participant alors à un jeu télévisé du même nom — ne sera pas celui du 21ème : son corps-griffon, usé par les assauts répétés de la materia prima, lâche et quitte ce plan terrestre en septembre 2005. Mais n’est-il pas tout proche, à l’instar de John qui, passé de l’autre côté après la dérive fondamentale dans Mayapura, remonte l’arbre creux et revient parmi les mortels pour continuer à leur parler le langage des symboles ?
Les œuvres de Christian Charrière s’avèrent en effet d’une criante actualité. Car derrière les valeurs de progrès, de liberté ou de démocratie, notre monde souffre toujours d’un manque de verticalité. Et les pétrifications, les refoulements, les recherches de privilèges n’ont jamais été aussi proliférants qu’aujourd’hui.

D.C & S.M.





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Bibliographie



Le printemps des enragés, Fayard 1968 (Prix des Enfants Terribles).
Dites-le avec des fleurs, roman, Fayard 1969, (Prix du Quai des Orfèvres).
L’Enclave, roman, Fayard 1971 (Prix Hermès).
Mayapura, roman, Fayard 1973, Phébus 1992.
Les Vergers du Ciel, roman, Fayard 1975, Phébus 1992.
Le Sîmorgh, roman, Fayard 1978, Les Deux Océans 1991.
La Forêt d’Iscambe, roman, Lattès 1980, Phébus 1993, Points Seuil 2007.
Le Baptême de l’Ombre, autobiographie, Lattès 1982, La Table Ronde 1989.
Entretien avec Gilles Farcet, Filigrane, Argel, 1986.
L’Œil d’Emeraude, chroniques, Harriet-Albatros, 1986.
Le Salut à l’Ame du Monde, méditations, la Place Royale 1987. Disponible sous forme de livre électronique éditions Arbre d’or : http://www.arbredor.com/.
Le Corbeau Rouge, roman, Lattès 1987.
Le Maître d’âme : rêves signes et visions, Albin Michel 1990.
Indonésie : Voyage à travers l’archipel, Gallimard 1990.
Les Maîtres secrets du Désir, les carnets de l’Ombre, Pygmalion 1997.
Les Maîtres secrets de l’Appel, les carnets de l’Ombre, Pygmalion 1997.
Les Rêves et votre destin, Pygmalion 1998. La Main verte, nouvelle, Terra Incognita, Autres Mondes.


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