Les anges dans la tradition d’Israël
Par CEAPT Symbole copyright, mercredi 11 juillet 2007 à 18:54 - Etudes - #102 - rss
La tradition d’Israël (1) donne une classification générale des créatures, que l’on peut résumer ainsi* : au sommet de toutes les hiérarchies des êtres est le Prince du Monde, l’Ange de la Couronne ; puis les deux anges jumeaux, anges de la Sapience et de l’Intelligence ; puis les sept grands anges qui se tiennent toujours devant la Face de Dieu, et les douze anges gouvernant les 12 tribus d’Israël. Les Quatre Vivants animent tous les êtres de ce monde et des autres. Au-dessous d’eux, les 72 anges gouvernent les 72 constellations et les 72 peuples issus de Noé. Puis les anges des Sept cieux et ceux du Zodiaque. Ensuite, ceux du monde sublimaire, esprits protecteurs des êtres du monde que nous habitons. Au-dessous de tous ces êtres viennent les hiérarchies démoniaques, analogues et inverses des hiérarchies angéliques.

"Les anges sont proprement les habitants des sphères célestes, par delà lesquelles il y a les «Cieux des Cieux» peuplés aussi d’habitants sans formes".
On les appelle : Puissances secrètes, Années célestes, les Exaltés, les Suréminents, le Peuple céleste, l’Eglise supérieure, la Plénitude (Plérôme). Ils sont en relation étroite avec les étoiles. Ils se manifestèrent aux Patriarches et aux grands moments de la Révélation, particulièrement au Sinaï lorsque la Loi fut donnée (2).
Ce jour-là, disent les Samaritains, les anges parurent tous et dans toute leur splendeur. Pendant qu’au pied du Sinaï se tenaient les 12 tribus d’Israël, au sommet il y avait l’Église supérieure, l’Israël céleste, les Puissances, les Éclairs, les Tonnerres, les Étoiles et leurs Constellations, les Esprits des éléments, etc. Tous s’inclinèrent devant Moïse lorsque YHWH lui remit directement la Loi qu’il avait écrite lui-même. Cette révélation des Puissances secrètes au Sinaï est unique.
Les esprits célestes sont toujours en communication avec les fidèles de la terre, et ont part dans la détermination de leur destinée future. Ils sont présents lors du sacrifice pour porter à YHWH l’offrande du prêtre et les prières des fidèles, pour qui ils intercéderont auprès du Juge suprême au dernier jour.
Ces données sur les anges restèrent toujours simples et sobres chez les Samaritains (3) mais se développèrent chez les Juifs peu avant la venue du Christ, au moment de la composition des Apocalypses apocryphes. On a parlé d’une influence persane. Mais les Perses n’ont rien d’original ; ils n’auraient fait dans ce cas que transmettre une partie de la tradition sémitique mieux conservée par eux peut-être (4).
Quoi qu’il en soit, pour les Juifs les anges sont les lieutenants du Gouverneur de l’univers, et pour ainsi dire les yeux et les oreilles du Grand Roi. Ils voient et entendent toutes choses. «Ils transmettent les ordres du Père aux enfants, et exposent les besoins des enfants au Père» d’après Philon. Ils sont admis aux délibérations de Dieu, lisent les tablettes célestes, connaissent l’avenir et les choses cachées. C’est d’eux que les voyants apocalyptiques tirent leurs connaissances. Cependant la science des anges n’est pas illimitée, puisque ce sont des êtres créés. Ils louent Dieu et le servent, accomplissant la liturgie céleste prototype de celle d’ici-bas (5). Ils protègent les hommes et intercèdent pour eux, empêchant les satans d’arriver auprès du Seigneur pour accuser les hommes.
Les anges tels que les Juifs les concevaient étaient des êtres intelligents, de nature non humaine (7), pourvus de corps aériens, de matière subtile et non grossière comme les nôtres (8).

"Le langage des anges est un «silence qui parle». Ils louent le Seigneur en chantant : «Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu vivant ; tout l'Univers est rempli de sa gloire »".
Les splendeurs primitives
Pendant les premiers siècles de notre ère, l’angélologie chrétienne est la même que l’angélologie juive (9). Les premiers Pères attribuent aux anges des corps analogues aux nôtres, quoique de nature plus subtile. Quand ils appellent les anges des esprits ou des êtres sans chair, ils veulent dire que ces êtres ont des corps d’une matière plus subtile que notre chair. Tertullien dit que la substance des anges est faite d’un souffle matériel. Ils ont un corps d’une espèce particulière. Théodote affirme nettement que les anges ont des corps subtils. Origène attribue à tous les esprits une enveloppe de matière subtile. Pour lui, Dieu seul possède la spiritualité absolue. Les esprits ne peuvent se passer de corps. Pour saint Hilaire et saint Jérôme, les anges ont, non pas un corps grossier, mais, une enveloppe éthérée et aérienne. De même saint Augustin leur attribue un corps lumineux et éthéré.
Donc l’ensemble des Pères reste fidèle à la notion primitive du monde angélique. Les anges sont proprement les habitants des sphères célestes, par delà lesquelles il y a les «Cieux des Cieux» peuplés aussi d’habitants sans formes. Et au-dessous il y a des êtres invisibles qui habitent notre atmosphère ; ils ont un corps de la nature des nuages et de la fumée. Ce sont les gardiens des individus, des familles, des villes, des peuples, des églises.
Les Pères grecs sont dans l’ensemble de la même opinion ; la plupart disent que les anges ont des corps subtils, immatériels. Cependant certains, tels que saint Grégoire de Nysse et saint Grégoire de Nazianze, inclinent vers la spiritualité absolue des anges (10), qu’ils identifient alors aux essences immatérielles des néoplatoniciens. C’est aussi l’opinion de plusieurs Pères syriens et arméniens.
Denys, identifié à tort ou à raison à l’Aréopagite et au premier évêque de Paris (11), admet cette théorie en la renforçant encore. Pour lui, tous les anges sont des êtres simples, sans figures ; ce sont les splendeurs primitives.
Cette opinion ne fut pas admise par tous. Si le pape Grégoire s’y rallie, il déclare cependant que les anges comparés à nos corps sont des esprits, mais que comparés à Dieu ils sont des corps. Au second Concile de Nicée (VIIIe siècle) des Pères entendent sans protester la doctrine qui attribue aux anges un corps subtil. Saint Augustin admet cette doctrine. Saint Bernard hésite entre l’opinion d’Augustin et celle de Denys, mais penche plutôt pour celle-là. Enfin l’école de saint Victor, saint Bonaventure et surtout saint Thomas d’Aquin admettent l’absolue spiritualité des anges (généralisant ainsi ce qui n’appartient qu’à la première hiérarchie) et cette opinion, après eux, s’imposa de plus en plus.
Pour les Syriens comme saint Ephrem, les êtres du monde subtil ont un corps de feu et d’air, comme les êtres du monde grossier ont un corps d’eau et de terre (12). Tous ces êtres invisibles sont partagés en trois grandes categories. Saint Thomas les caractérise ainsi : «Premièrement, les anges peuvent voir les choses en Dieu, Principe premier et universel. Cette manière de connaître est le privilège des anges qui approchent le plus de lui, qui forment la première hiérarchie. Deuxièmement ils peuvent le voir dans des causes universelles créées, qu’on appelle les lois générales. Ces causes étant multiples, la connaissance est moins précise et moins claire. Cette manière de connaître est l’apanage de la deuxième hiérarchie. Troisièmement ils peuvent le voir dans son application aux êtres individuels, en tant qu’ils dépendent de leurs propres causes ou des lois particulières qui les régissent. Ainsi connaissent les anges de la troisième hiérarchie.»
Dans la tradition d’Israël, ces trois categories sont appelées :
Les Veilleurs,
Les Messagers,
Les Gardiens (13).
Et chacune d’elles est à son tour divisée en trois classes secondaires. Les noms de ces neuf chœurs varient et l’ordre dans lequel on les place varie davantage encore. Voici une classification : Seraphim Kerubim Ophanim
Tarshishim Shinammim Aralim
Hashmalim Elohim Beni Elohim
Une dixième catégorie est appelée Ischim, les Hommes. Ce l0e chœur est la synthèse des neuf autres, comme dans le monde terrestre l’homme est la synthèse des créatures (14).
Par delà le monde grossier et le monde subtil, dans le plan de la manifestation informelle, domaine de la pure lumière, par delà toute nature animale ou angélique, au plus haut sommet de la hiérarchie des êtres (15), il y a :
Akathriel ou Kitroniel
Hakhamiel et Binaïl (16).

"Metatron est l’Adolescent éternellement jeune (18). Il est le Vice-Dieu, qui a sept et septante noms comme le Tout-Puissant, participant à sa Majesté".
Metatron : l’Ange de la Face
Le premier gouverne le monde de Briah, le deuxième le monde de Ietzirah et le troisième le monde d’Açiah.
Le premier est identifié par certains à Métatron et les deux autres à Sandalphon, cependant que d’autres font de Métatron le chef du monde de Ietzirah et de Sandalphon le chef du monde d’Açiah.
Il est écrit (Exode XXIV-I) : «Il (Dieu) parla à Moïse en ces termes : Monte vers Dieu». «Pourquoi, objecte le Thalmud, le texte ne dit-il pas : Monte vers moi ? » Et il répond : «C’est Metatron qui transmet cet ordre à Moïse, Metatron dont le nom est comme celui de son Maître. C’est de lui qu’il est écrit : «Mon Nom est en lui», car la voix de Dieu s’incorpore en lui, se manifeste par lui. Ce que Dieu parle, il l’écrit. C’est pourquoi il est appelé «Le Grand Scribe». Il fait le plan de l’Univers selon la Parole, il est le Grand Architecte de l’Univers (17), le Démiurge supérieur. Il est le «Second Verbe».
Il est l’Adolescent éternellement jeune (18). Il est le Vice-Dieu, qui a sept et septante noms comme le Tout-Puissant, participant à sa Majesté. Mais il n’est rien par lui-même, n’étant glorifié que de la Gloire de Dieu. II ne doit pas être adoré. Il n’a pas le pouvoir de remettre les péchés, et s’il est intermédiaire, instrument, il n’est en aucune façon Médiateur, ne peut en aucun sens être considéré comme tel (19).
Il est l’«Ange de la Face» qui précédait les Israélites dans le désert. C’est lui qui est leur guide et leur protecteur, qui est chargé d’écrire au Livre de Vie leurs mérites et leurs démérites, mais aussi les méfaits commis contre eux et d’en tirer vengeance. A la fin des temps, il les défendra contre les assauts de leurs ennemis et intercédera pour eux au jour du Jugement.
C’est en lui et par lui que se manifeste la toute-puissance de l’Ancien des Ages, et c’est pourquoi il est appelé Shaddai (Puissant) et Makom (Dieu). Il est la Couronne, aspect visible, limite si l’on peut dire, de la Gloire (20). Il est l’Horos gnostique, la Limite, le Gardien, le Surveillant des frontières, qui est Sheth. Car Sheth est le premier homme qui, rentré dans le Paradis terrestre, parvint dans le Paradis céleste et s’éleva jusqu’à la fonction de Metatron. Après lui Henoch (21) y parvint, puis cinq autres. Ce sont les sept bergers dont parle le prophète Michée (V, 4 et 5). Ils sont Métatron et Métatron est le Pôle. Metatron n’est pas le Juge, mais il est chargé de peser (22).
Métatton (synthétisant Ketheriel, Hokmaël et Binaël) est la figure centrale de la théophanie dite «Le Char céleste». C’est lui qui est sur le Trône. «O mon fidèle serviteur (23), dit le Père qui est par-delà les plus hauts des cieux, appelle tous les anges et tous les saints, puis prends place sur le char des Séraphins et ordonne aux Chérubins d’avancer» (Testament d’Abraham) (24).
Metatron est assis «au-dessus des Séraphins». Ceux-ci sont au nombre de sept : dans la tradition chrétienne on les a nommés Mikaël, Victoriosus - Gabriel, Nimcius - Raphaël, Medicus, - Urid, Fortis socius - Barachiel, Adjutor - Jehadiel, Remunérator – Sealtiel, Orator.

"Premièrement, les anges peuvent voir les choses en Dieu, Principe premier et universel. Cette manière de connaître est le privilège des anges qui approchent le plus de lui, qui forment la première hiérarchie" (Saint Thomas d'Aquin).
Louange divine
Les Kerubim sont au nombre de quatre (25). Les Ophanim sont douze. Tous ces êtres sont de la nature du feu supérieur (quintessence); leurs yeux lancent des éclairs, ils chevauchent des coursiers de feu, ils portent des épées de flamme.
Ils sont les «Veilleurs», non ceux qui surveillent, mais ceux qui veillent, qui sont toujours éveillés. Car pour eux il n’y a ni jour ni nuit, étant par-delà les cycles quel qu’en soit le mode. Il n’y a pour eux aucune alternance, puisqu’ils sont l’axe de la Balance. Ils sont par delà le bien et le mal.
Ils n’ont aucune forme, aucun corps, si subtil soit-il.
Leur langage est un «silence qui parle». Ils louent le Seigneur en chantant : «Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu vivant ; tout l'Univers est rempli de sa gloire ».
Ils sont appelés anges de la Face, anges de la Présence, anges de la Louange. Leur rôle est de se tenir toujours en présence de Dieu. Ils sont les intermédiaires entre Lui et les Messagers, comme ceux-ci pour les Gardiens et ces derniers vis-à-vis des Hommes (26).
Ils constituent le Monde de la Manifestation Informelle (Monde de Briah). Les dix consonnes primordiales (27) (rappelées par les 3 anges supérieurs) vocalisées par les Séraphins selon un nombre, un rythme déterminé (Chérubins) engendrent les formes (Ophanim).
Les Séraphim (ardent, brûlant) sont symbolisés par les Serpents ailés, les Dragons.
Les Kérubim (Hayyot Hakadosh, les Vivants Saints) sont symbolisés par les Griffons et autres animaux composites dont il est question dans toutes les traditions (28). Les Ophanim (roues, cycles) sont symbolisés par des disques ou des roues ailées et pourvues de douze yeux.
Passons à la deuxième hiérarchie, les Messagers, comprenant aussi trois classes : Les Dominations, les Vertus et les Puissances. Ils louent Dieu en disant : «Bénie soit la gloire du Seigneur dans le lieu saint où il réside. Tu es terrible, ô Dieu très haut, dans ton sanctuaire». Les Dominations sont les constellations, le ciel des étoiles fixes, dont le nombre est 72 ; les Vertus sont les anges des 7 sphères, et les Puissances des 12 signes du Zodiaque. Les Messagers sont les habitants des sphères célestes, monde de la manifestation subtile, monde de Ietzirah. Ce sont les armées célestes. L’identification des anges et des astres est très ancienne en Israël. Ils se nourrissent, mais d’une nourriture différente de celle des hommes. C’est la manne que les Hébreux mangèrent dans le désert et qui était la nourriture d’Adam avant sa chute. Ils lisent les tablettes célestes et connaissent les choses cachées. Créés moralement bons, c’est par un acte de leur libre volonté que certains déchurent de leur dignité première.
Les “esprits de l’air”
La nature de la volonté de ces anges est telle, qu’un seul acte bon ou mauvais la fixe à jamais dans le bien ou dans le mal. Leur détermination est libre en elle-même, mais aussitôt qu’elle a été prise elle devient irrévocable. Les bons anges sont donc à jamais fixés dans les cieux et les mauvais dans les enfers.
Le domaine des Messagers est l’aïon (œvum), mode de durée supérieur au temps. C’est le domaine des cycles, déterminés par le mouvement des sphères célestes dont ces anges sont chargés. Dans le monde subtil, le passage d’un cycle à un autre est continu ; dans le monde grossier il est discontinu, et c’est cette discontinuité qui est la mort.
Parmi les Messagers, les uns sont les anges de la Clémence, les autres les anges de la Rigueur (moralement bons et non déchus). Ceux-ci sont les punisseurs, organes de la colère de Dieu. Ce sont eux qui tourmentent les anges déchus dans les enfers.
Les anges de la troisième hiérarchie sont les Gardiens, divisés en trois chœurs : les Principautés, les Archanges et les Anges. Ceux-ci gardent les individus, les Archanges gardent les familles et les Principautés, les groupes de familles : cités, peuples, églises, etc. Ils louent Dieu en disant : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre et au hommes bonne espérance». Ils habitent notre atmosphère avec les démons ; ce sont eux que certains Pères appellent «les esprits de l’air». Ils ont un corps de la nature des nuages ou de la fumée. Ils ne sont pas immuablement fixés dans le bien ou dans le mal : les démons peuvent s’améliorer ; quant aux Gardiens, ils peuvent faillir et pécher (c’est de certains d’entre eux qu’il est question dans le livre d’Hénoch) (29) et même d’après Origène devenir démons. Saint Jérôme repousse cette opinion d’Origène, mais admet la possibilité d’une infidélité de leur part ; il assure en conséquence qu’au Jugement ils auront à rendre compte de leur mission et qu’ils seront punis s’ils ne l’ont pas remplie exactement. Ils sont responsables de ceux dont ils ont la garde, et selon que ceux-ci restent fidèles ou déchoient, méritent éloge ou blâme, récompense ou punition (30).
Après les Gardiens viennent d’autres êtres invisibles : les élémentaux ou esprits des éléments, qui sont à l’homme ce que les éléments sont à la quintessence. Mais ils sont en dehors du sujet de cette étude.
T.B.
* Cet article est paru dans le N° 182 (février 1935) du Voile d’Isis sous le titre “Les anges”. Les inter-titres sont de la rédaction de Symbole. . (1) Pour prévenir toute confusion, nous devons faire remarquer que, dans les textes qui servent de base au présent travail, les “anges” (malakim) semblent être considérés comme des êtres du monde subtil ou “intermédiaire” qui fait partie de la manifestation individuelle ou formelle. Dans la tradition Islamique, au contraire, le monde angélique (âlam el-malaïkah) est le domaine de la manifestation informelle ou supra-individuelle, tandis que le monde subtil est appelé (âlam el-jinn). Notre éminent ami René Guénon nous communique une très importante remarque susceptible de donner l’explication de cette contradiction apparente : les êtres exerçant une fonction par rapport à un monde déterminé ne sont pas forcément des êtres appartenant à ce monde par leur nature ; ils peuvent appartenir à un monde supérieur, et ce peut être le cas quand on envisage les fonctions des anges par rapport aux mondes subtil et grossier. - (2) D’après les Samaritains, YHWH s’est révélé lui-même en deux grands actes : la création de l’Univers et le don de la Loi. Une troisième manifestation se fera au Jour de la Récompense et du Châtiment, lorsque le Messie jugera l’univers. - (3) Les Samaritains remplacent Elohim par Malakim. «Vous serez comme des Anges», dit le Serpent à Adam et Eve. – (4) Nul peuple n’eut plus qu’eux la tendance à adopter les idées et les mœurs étrangères. Hérodote le disait déjà. – (5) Au ciel il y a une Jérusalem céleste, un temple et un autel. C’est Mikaël qui est le Grand-Prêtre et offre le sacrifice. – (6) Comme on l’a vu plus haut, d’après les Samaritains, YHWH écrivit lui-même la Thorah et la donna directement à Moïse qui (comme Elie) est «plus qu’un prophète». – (7) Supérieurs aux hommes ordinaires, mais inférieurs aux Justes, qui les jugeront au dernier jour. – (8) Pour les Sadducéens, les anges et les esprits ont une nature finie et mortelle à l’exemple des êtres corporels. La durée de leur vie dépend de la longueur de la mission qu’ils ont à remplir. L’âme humaine après la mort, retourne à Dieu dont elle émane et perd toute existence individuelle. Les autres esprits, créés pour une mission spéciale, cessent d’exister aussitôt que la mission dont ils sont chargés a pris fin. Il semble qu’il y ait un écho de cette croyance dans le passage suivant du Thalmud : «Chaque jour, les anges de service sont créés du Fleuve de Feu (qui coule devant le Trône divin). Ces anges récitent un hymne et s’évanouissent». – (9) Cf. Frey, «L’Angélologie Juive au temps de Jésus-Chrlist», Revue des Sciences philosophiques et théologiques, 1911. Cf. aussi Hakspil, «Angélologie juive», Revue biblique, 1902 – (10) Ce qui n’est vrai que des habitants des «Cieux des Cieux». – (11) Les œuvres de Denys sont inconnues avant le Ve siècle. - (12) Pour l’Angélologie chrétienne, voir, en dehors des excellents articles du dictionnaire de Théologie et du dictionnaire d’Archéologie, l’étude détaillée de Turmel, «Histoire de l’Angélologie», dans la Revue d’Histoire et litterature religieuse 1898-1899 et les ouvrages de l’abbé Soyer, Saint Michel et les saints anges et Essai sur l’ange et l’homme, Tours, 1880. – (13) Il y a entre ces trois hiérarchies une différence de nature et non seulement de fonction. – (14) Les hommes ne deviennent jamais des anges, étant d’une autre nature, mais ils parviennent aux états angéliques. D’après saint Thomas, les hommes peuvent entrer dans les divers ordres des anges, non en prenant leur nature, mais en méritant aux cieux une gloire qui les égale à l’un ou l’autre ordre des anges. – (15) Au-dessus, il n’y a que le Verbe, maifestation totale de l’Etre. – (16) Pour les noms des anges, renvoyons une fois pour toutes au Vocabulaire de l’Angélologie hébraïque, de Moise Schwab, 1 vol. et 2 supp. dans les Mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 1897-1898. – (17) D’après Benjamin le Karaïte (auteur du IXe siècle) Dieu n’a pas créé le monde directement mais par l’intermédiaire d’un ange. Le Créateur a été un ange, et cet ange créa tout l’univers. Il appelle Dieu le premier Créateur et l’Ange le Second Créateur. – (18) Bien qu’asexué, il est parfois envisagé sous un double aspects masculin et feminin, selon le rôle qu’il remplit : Metatron et Matrona. – (19) Metatron est la synthèse des êtres, mais il n’est pas l’Etre. Il est au Verbe ce que Hiram est à Salomon.- (20) Cette Couronne est en un certain sens l’ensemble des êtres glorifiés. – (21) Il s’agit d’Hénoch, fils de Jared, descendant de Sheth, et père de Mathusalem. Il est question de lui dans : Gen. V-21-24, Eccl. XLIX-16, Ep. Hebr. XI-6 ; Ép. Jude 14. Également dans Ezékiel XIV-I4-20 et XXVIII-3 (si avec certains exégètes on lit dans ces passages Hénoch et non Daniel). Trois autres, Hénoch sont mentionnés dans la Bible : Hénoch fils de Kain (Gen. IV-17-18); Hénoch fils de Madian fils d’Abraham (Gen. XXV-4); Hénoch fils aîné de Ruben (Gen. XLVI-9). – (22) Hénoch est donné comme l’inventeur de la balance. – (23) Certains manuscrits portent Mikaël au lieu de Metatron. Mikaël représente Metatron parmi les Séraphins. – (24). On a relevé des ressemblances frappantes entre Metatron et Mithra. Non seulement dans les symboles, mais aussi dans les rites. – (25) Catherine Emmerich les nomme : Raphiel, Etophiel, Emmanuel et Salathiel. – (26) Certains auteurs admettent cependant que les Veilleurs peuvent descendre jusqu’aux hommes et se manifester directement à eux. Ce sont plutôt les homes qui peuvent s’élever jusqu’aux Veilleurs. – (27) Cf. Le Voile d’Isis, 1933, p. 300. Les tifinars berbères sont au nombre de 10, comme des vieux alphabets hébreux, celtiques, grecs ou latins (Louis Rinn, Les origins berbères) Les dix consonnes sont : N, L, M, R, S, F, Th – D, K, P. – (28) Voir Girardet, Nouveau système sur la mythologie. – (29) Ce ne sont pas les élémentaux – (30) Rappelons que l’on connaît actuellement trois rédactions différentes du Livre d’Hénoch : éthiopienne, slavonique, hébraïque. La version grecque, dont nous n’avons que des fragments est fort proche de la version éthiopienne. - (31) D’après Origène, c’est à l’ange gardien qu’est dévolu le soin d’introduire l’âme dans le corps et de présider à la sortie de l’âme du corps qu’elle animait. Il ne pretend pas d’ailleurs trancher ces questions si delicates et si difficiles.

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